“Quand le concept coulera le long du verre dialectique afin qu'il se brise en morceaux pour laisser apparaître les copeaux de vérités qui parsèment les longues plages d'être fin. L'homme, nu pied, se laissera marcher par le sang de la pensée nourri du sucre des concepts, il laissera ses traces de pas sur les berges où se défoulent les flots sédimentaires pour cueillir des amarantes de vérités qu'Hermès vient déposer aux yeux des poètes. La poésie est une tentative dionysiaque pour sublimer la précision. Le poète est une âme qui voue encore un culte à quelque chose de beauté. Les grains incalculables sont des morceaux infinitésimaux de Gaïa qui luisent à ceux qui regardent en coquillage amenant la Vénus des flots en récompense. La poésie est une longue marche vers le déhanché de Vénus qui se détache des mortelles. Botticelli a dit. Le regard se compose d'un spectre où les rayons gamma deviennent visibles à celui qui les projette. L'image de la plage où le poète traîne sa liberté est une uniformité à trois couleurs : couleur de crête d'un coq écossais où l'on marche, couleur mi-sombre mi-clair métallisée de l'univers liquide, et couleur pastel des panoramiques. La ligne d'horizon est déjà la première séparation où l'homme doit se jeter à la mer en foulant la barrière du ressac. La houle est son salut pour qu'il sorte de sa torpeur lisse d'un raie. La poésie laisse les traces sanguinolentes d'un épaulard qui vient mordre le phoque dans l'innocence des rapines naturelles. Et quelque chose se meurt qui pousse le sang à inscrire dans la mer ce que les mots disent d'encre”.